Une fuite récente confirme l'existence d'une première version de test des futurs processeurs AMD Medusa Point.

Ce silicium A0, destiné aux ordinateurs portables, révèle une variante à faible consommation de 28W avec une architecture hybride. Ces APU sous Zen 6 promettent une gamme allant de puces économes à des monstres de 22 cœurs, tout en conservant une partie graphique RDNA 3.5.

Les documents d'expédition, souvent source d'informations précieuses pour les initiés, ont encore frappé. Cette fois, ils mentionnent un échantillon baptisé « Medusa 1 A0 », ce qui indique clairement qu'il s'agit d'un silicium A0, soit la toute première version physique d'une puce, utilisée pour les tests et la validation internes.

Cet APU appartient à la future famille Medusa Point, qui embarquera l'architecture processeur Zen 6.

Une stratégie à deux visages pour le marché mobile

L'information la plus concrète de cette fuite concerne le TDP, ou enveloppe thermique, de la puce testée. Avec une valeur de 28W, cette version se positionne clairement comme une variante à basse consommation, destinée aux ordinateurs portables fins et légers ou aux consoles portables de nouvelle génération.

Cela confirme des rapports précédents qui évoquaient une double approche pour la gamme Medusa Point.

En effet, AMD semble préparer une segmentation claire : à côté de ces puces optimisées pour l'efficacité énergétique, une autre famille de processeurs est attendue avec un TDP de 45W.

Ces derniers, visant les stations de travail mobiles et les PC portables gaming, offriront des performances soutenues bien plus élevées. Les deux familles devraient partager le même socket FP10, simplifiant l'intégration pour les fabricants.

Architecture hybride : la course aux cœurs est relancée

Le manifeste de transport livre un autre indice de taille : la mention « 4C4D ». Cette nomenclature correspond à une configuration hybride mêlant 4 cœurs « Classic » (haute performance) et 4 cœurs « Dense » (haute efficacité).

Des rumeurs antérieures ajoutaient également 2 cœurs très basse consommation (LP) à l'équation, mais leur absence ici pourrait être une simple simplification d'écriture ou indiquer une version de test non complète. Cette puce se destinerait aux gammes Ryzen 5 et Ryzen 7.

Mais le véritable coup de force se situerait sur le haut de gamme. Les versions Ryzen 9 pourraient embarquer une configuration massive allant jusqu'à 22 cœurs. Cette prouesse serait rendue possible par une conception multi-chip module (MCM), associant le die principal à un second chiplet (CCD) contenant 12 cœurs supplémentaires.

Les modèles plus modestes conserveraient quant à eux une conception monolithique, plus simple et moins coûteuse à produire.

La partie graphique, un statu quo maîtrisé ?

Côté graphique, les attentes doivent cependant être tempérées. Toutes les sources concordent pour affirmer que les APU Medusa Point conserveront une partie graphique intégrée (iGPU) basée sur l'architecture RDNA 3.5.

Bien qu'efficace, il s'agit d'une évolution de la technologie actuelle, et non d'un saut vers les architectures RDNA 4 ou RDNA 5. Le nombre d'unités de calcul resterait plafonné à 8 CU.

Ce choix peut être vu comme pragmatique, AMD préférant concentrer ses efforts sur l'efficacité et la puissance de calcul du CPU. Cependant, avec l'arrivée des architectures graphiques concurrentes comme Celestial chez Intel, ce positionnement pourrait constituer une forme de pari.

Le véritable adversaire de Medusa Point pourrait être la génération Nova Lake d'Intel, et la bataille pour la suprématie sur le segment mobile, prévue à l'horizon 2027, s'annonce déjà passionnante.