Plus d'un demi-siècle après la dernière mission Apollo, la NASA finalise les préparatifs d'Artemis II. Cette mission de dix jours enverra un équipage de quatre astronautes en orbite autour de la Lune, marquant une étape décisive pour le retour de l'humanité sur le sol lunaire et, à terme, la conquête de Mars. Le lancement est prévu pour début 2026.
Le programme Artemis incarne la nouvelle ambition spatiale de l'humanité. Sa deuxième phase, baptisée Artemis II, constitue le premier vol habité de cette nouvelle ère, une prouesse attendue depuis 1972.
À son bord, un équipage de quatre astronautes (Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen) s'apprête à écrire une page d'histoire.
Leur mission n'est pas d'alunir, mais de tester en conditions réelles le vaisseau Orion lors d'un périple circumlunaire, validant ainsi sa fiabilité pour les futures missions.
Un calendrier précis pour un décollage historique
Les préparatifs battent leur plein au Centre Spatial Kennedy en Floride. La NASA a dévoilé un calendrier de lancement ambitieux mais flexible, avec une première fenêtre s'ouvrant début février 2026.
La pièce maîtresse de cette opération est la gigantesque fusée Space Launch System (SLS), le lanceur le plus puissant jamais construit par l'agence, qui propulsera la capsule Orion au-delà de l'attraction terrestre.
Avant le décollage, plusieurs jalons critiques doivent être franchis. Le transfert du lanceur entièrement assemblé vers son pas de tir, une opération titanesque de plusieurs heures, est une étape clé.
S'ensuivra une répétition générale en conditions réelles, incluant le remplissage des réservoirs avec plus de 2,6 millions de litres de propergols cryogéniques. Chaque étape est scrupuleusement surveillée pour garantir la sécurité maximale de l'équipage.
Quel sera le déroulé de cette mission de 10 jours ?
Contrairement aux missions Apollo 8 qui s'étaient mises en orbite, Artemis II suivra une trajectoire différente. Après avoir atteint l'orbite terrestre, l'équipage passera environ une journée à vérifier tous les systèmes d'Orion.
Ensuite, une poussée du moteur principal enverra la capsule pour un simple tour de la Lune. Cette manœuvre propulsera l'engin sur une trajectoire de retour libre en forme de huit, l'emmenant à des milliers de kilomètres au-delà de la face cachée de notre satellite.
Ce profil de mission, bien que moins complexe qu'une insertion orbitale, est un test grandeur nature pour le vaisseau. Les astronautes devront valider manuellement les capacités de manœuvre d'Orion et éprouver les systèmes de support de vie sur une longue durée, loin de la Terre.
Le retour s'achèvera par une rentrée atmosphérique à très haute vitesse, où le bouclier thermique de la capsule subira des températures avoisinant les 2 800 °C, avant un amerrissage contrôlé dans l'océan Pacifique.
Au-delà de la Lune, préparer le voyage vers Mars
La mission Artemis II est en réalité une étape cruciale et un galop d'essai avant le véritable objectif : la mission Artemis III, qui verra des astronautes, dont la première femme, marcher à nouveau sur le sol lunaire.
Chaque donnée collectée durant ce vol de dix jours sera fondamentale pour peaufiner les procédures et garantir le succès du premier alunissage du 21e siècle, prévu au pôle Sud de la Lune.
L'ambition du programme ne s'arrête pas là. Il s'agit de jeter les bases d'une présence humaine durable sur et autour de notre satellite, notamment via la future station spatiale Gateway.
Cette infrastructure servira de tremplin pour l'objectif ultime de la NASA : préparer et lancer la première mission habitée vers l'exploration de Mars. Artemis II est donc bien plus qu'un retour vers la Lune ; c'est le premier pas tangible d'un bond de géant pour l'humanité.