Alors que ses concurrents chinois comme OnePlus ou Honor ont déjà adopté avec succès les nouvelles chimies pour accumulateurs, Samsung semblait jusqu'ici à la traîne. Le géant coréen pourrait cependant frapper un grand coup. Des fuites issues de la chaîne d'approvisionnement révèlent que sa division SDI expérimente une technologie radicale : une batterie double cellule d'une capacité totale de 20 000 mAh, soit quatre fois celle d'un Galaxy S25 Ultra. Les premiers tests sont spectaculaires, avec une promesse de 27 heures d'écran allumé en continu. Pour un utilisateur moyen, cela se traduirait par une endurance de trois à quatre jours complets.
Comment une telle capacité est-elle possible sans transformer le smartphone en brique ?
Le secret réside dans la technologie silicium-carbone. Contrairement aux batteries lithium-ion classiques qui utilisent une anode en graphite, cette nouvelle chimie emploie un composite de silicium-carbone. Ce matériau, plus résistant aux fractures, peut stocker jusqu'à dix fois plus d'ions lithium, augmentant ainsi drastiquement la densité énergétique sans faire exploser les dimensions. Le prototype de batterie testé par Samsung repose sur une architecture empilée : une cellule principale de 12 000 mAh et une secondaire de 8 000 mAh.
Cette approche à double cellule permet de gérer plus efficacement la charge et la décharge, tout en optimisant l'espace interne. L'objectif est clair : rattraper le retard sur les constructeurs chinois qui ont déjà fait de cette technologie un argument commercial majeur sur leurs modèles les plus récents.
Quels sont les obstacles qui empêchent une commercialisation rapide ?
Si la performance brute est impressionnante, la fiabilité à long terme est encore loin d'être acquise. Les ingénieurs ont identifié un problème critique de gonflement. Après environ 960 cycles de charge, ce qui correspond à un peu plus d'un an d'utilisation intensive, la cellule secondaire de 8 000 mAh a vu son épaisseur augmenter de 80 %, passant de 4 mm à 7,2 mm. Cette expansion incontrôlée est un défaut rédhibitoire qui rend le smartphone inutilisable et potentiellement dangereux.
Some extra size detail about the dual stacked cell
— S (@SPYGO19726) December 25, 2025
Cell 1 (Primary):
Capacity: 12,000mAh
Thickness: 6.3mm
Dimensions: 10cm × 6.8cm
Cell 2 (Secondary / Competitive Stack):
Capacity: 8,000mAh
Thickness: 4mm
Dimensions: 10cm × 6.8cm
The 8000 MaH swole up from 4mm to 7.2mm. https://t.co/xVRA4Th3Hk
Ce phénomène rappelle de très mauvais souvenirs au constructeur. Traumatisé par le fiasco industriel et médiatique du Galaxy Note 7 et de ses batteries explosives, Samsung applique désormais un principe de précaution extrême. Il est donc absolument inenvisageable que la marque prenne le moindre risque avec une technologie qui n'est pas parfaitement stable et sécurisée.
Pourquoi la réglementation représente-t-elle un autre mur infranchissable ?
Même si le défi technique du gonflement était résolu, un autre obstacle de taille se dresserait sur la route de cette super-batterie : le mur réglementaire. Le transport de batteries de grande capacité, notamment par voie aérienne, est très strictement encadré par des normes internationales comme celles de l'IATA. Ces règles imposent des limites drastiques, souvent autour de 5 400 mAh pour un transport en cabine sans autorisation spéciale. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles l'autonomie de certains smartphones chinois est bridée pour leur commercialisation en Europe.
Intégrer une capacité de 20 000 mAh dans un produit de grande consommation ne serait donc pas seulement une prouesse d'ingénierie, mais un véritable cauchemar logistique et légal. Pour l'heure, ce projet reste une formidable vitrine technologique qui confirme que la fin de la recharge quotidienne est en ligne de mire, mais elle ne sera certainement pas pour l'année prochaine.