Dossier Galileo : le GNSS à l'européenne

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Galileo

Ces dernières semaines, l'Europe s'est enfin accordée sur les modalités de développement de son projet de système de navigation par satellite à vocation civile Galileo et a lancé dans la foulée le deuxième satellite de test qui doit valider les aspects techniques avant de démarrer la mise en service d'une constellation de 30 satellites, apportant l'indépendance attendue vis à vis d'un système GPS sous la coupe du Pentagone. C'est désormais à une échéance 2013 que doit débuter la phase commerciale, avec cinq ans de retard sur le calendrier initial, période durant laquelle d'autres nations ont ou vont développer leur propre GNSS ( Global Navigation Satellite System ). Retour sur les enjeux de l'un des plus grands projets communs développés par l'Europe et dont les défis ne sont pas seulement techniques et stratégiques mais aussi politiques.

drapeau Europe UELe futur système Galileo est un GNSS ( Global Navigation Satellite System ), ou système de positionnement par satellite, voulu par la Communauté européenne, à la recherche d'une indépendance par rapport au système GPS américain.

Contrairement à celui-ci, qui est d'abord à vocation militaire, le principe de Galileo est un fonctionnement à usage civil, avec l'éventualité d'un volet militaire annexe et toujours en cours de discussion. C'est également l'un des plus grands défis techniques de l'Europe, qui doit montrer sa capacité à collaborer sur des projets d'envergure internationale et renforcer son statut de puissance continentale.

Le projet Galileo a connu un point de départ en 2002 quand une quinzaine de ministres européens en ont validé les grandes lignes. L'objectif est de se rendre indépendant du GPS américain, dont le contrôle exercé par l'armée américaine permet de dégrader le signal, voire de le couper, selon son bon vouloir. L'Europe doit pouvoir disposer de son propre GNSS à l'horizon 2008.

Il doit offrir une précision supérieure à celle du GPS et assurer des débouchés dans de très nombreux domaines économiques : transport, industrie, agriculture, sécurité civile, etc. Il doit fournir également une assurance de fonctionnement puisqu'il ne dépendra pas d'impératifs militaires et géostratégiques.


Naissance dans la discorde
Galileo Joint UndertakingIl est prévu que son financement soit assuré à un tiers par un financement public et au deux tiers par des fonds privés, le tout représentant une estimation de 3,4 milliards d'euros. Un organisme mis en place par la Commission européenne et l' ESA ( Agence Spatiale Européenne ), le Galileo Joint Undertaking ( GJU ), doit superviser la création de ce partenariat mixte et attribuer les concessions aux groupes industriels.

Des consortiums tentent de se mettre en place mais rapidement les querelles concernant les responsabilités et direction de la gestion provoquent des tensions au sein des Etats-membres, chacun voulant la meilleure part pour ses entreprises nationales.

En 2005, deux groupes industriels sont en lice pour la concession et, plutôt que de trancher( ce qui aurait été lourd de conséquence pour l'unicité du projet au sein de l'Europe ), le GJU attribue des concessions aux deux entités, en espérant que les deux groupes parviennent à se mettre d'accord sur la gestion du projet.

Cependant, les rivalités ne cessent pas et font prendre du retard au processus, à défaut de savoir qui va faire quoi et avec quelle responsabilité. Sommés de former au 10 mai 2007 une société d'exploitation unique pour superviser le projet Galileo, les industriels ne parviennent à s'entendre, ce qui sonne le glas du partenariat mixte et jette un froid sur la pérennité du GNSS européen.
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